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Notes d'écriture Lire le recueil de photographie de
François-Marie Banier, c’est entrer dans un pays de connaissance, l’univers une
sorte de grand oncle que le voisinage des livres aurait consacré d’une manière
définitive et unilatérale comme faisant définitivement partie de la famille. On
oublie presque comme une évidence tout ce qu’on a lu et qui nous a pourtant
marqué, Cap au pire, l’Innommable, Mal vu mal dit. On le voit marcher sur une
plage à Tanger et revient instantanément en mémoire le poème Dieppe : « encore
le dernier reflux / le galet mort / le demi tour puis les pas / vers les
vieilles lumières. ». Ou encore, c’est la visite à Ussy qui réapparait, journée
de fuite étrange dans une période difficile, va savoir pourquoi on avait atterri
là-bas mais la chance était avec : l’ancienne gardienne de la propriété là par
hasard et on avait fait le tour du propriétaire, mes propres pas dans les
taupinières autrefois foulées par l’écrivain, pas une seule photographie à
faire, cependant, à cause de l’imprévu. On se souvient aussi du court mémoire
universitaire, rédigé en mai de l’année précédente, intitulé « Le rire de Samuel
Beckett dans En attendant Godot et Fin de partie», histoire de
montrer que le fameux Nobel savait être drôle. J’ai conservé le texte de cette
intervention : voici l’occasion ou jamais de le reproduire dans une
page spéciale. C’est un repas de famille. Je l’ai placée à côté
de moi. On parle de choses et d’autres, nouvelles de tout un chacun, l’actualité
et cela constitue une trame bruyante et gaie. On ne les a pas vus depuis la fin
de l’année précédente. Traditionnellement ils partent plusieurs semaines dans ce
pays plus chaud à la même époque pour éviter la neige, le froid et ses aléas.
Ils ont bien raison : le poids des ans rend plus difficile qu’avant la lutte
contre les intempéries. Dans la conversation, elle me glisse qu’elle a moins
aimé mon dernier livre (mais ton père oui). Elle ne sait pas trop expliquer. Ça
parle de ton enfance, non ? Je fais une moue dubitative parce qu’écrire, ce
n’est jamais ce rapport simple, en tout cas, pas pour moi. Et puis on est
interrompu, retour à la trame bruyante et gaie. Elle y revient quelques minutes
plus tard. Non, je voulais dire que je n’avais pas trop aimé que tu parles de
choses qui nous concernent. Qu’on a des taupes dans le jardin, par exemple. Que
vont penser les voisins ? J’ai du répondre en minimisant le pouvoir de ma
littérature : qui me lit ? Et qui penserait à faire des rapprochements ? Et
quelle inconvénient de savoir qu’il y a des taupes chez nous comme dans la
plupart des jardins ? On n’évoque plus le sujet du week-end, ce n’est vraiment
pas grave et tellement à se dire encore. Mais j’y repense de temps en temps :
bien-sûr, les taupes n’y étaient pour rien, juste un
prétexte, une manière de protéger l’intimité, quelque chose qu’on sentait
menacé, maintenant dit, écrit, donc vrai, gravé dans le marbre avec la cohorte
de tout ce que l’on essaie souvent de cacher, d’enjoliver, faits futiles mais
qui donnent une cohérence à la pensée, à la vie quotidienne, au domaine privé,
quelques mystères, tout juste la distance qui permet de contrôler ce que l’on
veut que les autres sachent. On attribue ce pouvoir de révélation à la
littérature : tout ce qui est écrit doit être véritable mais la seule vérité
n’est contenue que dans l’agencement des mots, tellement de possibilité,
tellement d’approximations et de choix à faire que cette représentation ne
peut-être qu’erronée. L’écrivain seul connaît cette distance entre écriture et
réalité (deux mètres, un câble électrique ou une pelle comme évoqué dans cette
même rubrique). Le lecteur ne possède pas la mesure, l’échelle, l’écart, le
décalage. Il lit sans cette visibilité et les phrases sont admises comme des
faits sincères et authentiques. Si le lecteur est un parfait inconnu, il laisse
voguer son imaginaire dans cette absence de repère et peut ainsi fabriquer alors
sa propre représentation (c’est ce qui participe au plaisir du texte, dans le
sens de Roland Barthes). Si le lecteur vous connaît un peu et croît se
reconnaître dans les pages, il ajoute alors une marque, un jalon qui lui permet
de découvrir la réalité d’une distance entre ce qu’il croit être la vérité
racontée et les mots qu’il a lus. Et c’est bien cette borne qui provoque son
trouble, de la même manière que c’est la continuité d’un rocher, d’un mur, d’un
tronc d’arbre jusqu’à terre qui anime le vertige. Rimbaud, paraît-il, avait
répondu à sa mère, alors qu’elle lui demandait ce que pouvait bien vouloir dire
les poèmes d’Une Saison en enfer qu’il s’apprêtait à publier : « Cela
veut dire ce que ça dit, littéralement et dans tous les sens » et c’est sans
doute la meilleure réponse. C’était ce dimanche avec l’habitude prise
d’aller courir et combien d’ailleurs cette manie est entrée dans le livre tout
juste fini. Entré aussi l’épisode du collègue entrevu l’année précédente, à la
même époque d’ailleurs, il était en vélo et j’avais relaté l’épisode en
étonnements le 06/02/2009 avant de reprendre
l’anecdote dans le chapitre 15, d’évoquer aussi dans le chapitre 17, comment je
l’avais revu dans une course populaire (il court aussi, en plus du vélo). Voilà
pour le mélange avec la fiction du livre en cours d’achèvement mais ce n’est pas
un livre sur le jogging, loin de là, et c’est juste un aspect du personnage
principal. Dans la réalité bien tangible, mon collègue se tient debout sur le
trottoir avec une pelle à la main. Il a entrepris de boucher les trous que
l’hiver a favorisés avec les passages répétés des voitures devant chez lui. Je
m’arrête pour discuter et, c’est comme l’année passée, ce que j’ai retranscrit
dans le chapitre 15 par « phrases hachées par le souffle encore court ». On
discute donc. J’avais gardé aussi le souvenir d’échanges tels que je les avais
aussi écrits par « A la rituelle question : et toi ça va le boulot ? Il reste
laconique comme il se doit. ». Cette fois-ci, il est plus disert, le collègue,
mais plus triste aussi. Oui, il a eu pas mal de problèmes dans le boulot.
Dépression, il en sort à peine. Alors on parle de tous ces drames forcément qui
traversent la boîte. Difficile de s’en sortir. Quinze jours avant, c’était aussi
un autre qui m’avait évoqué son changement de boulot. Là aussi collusion entre
réalité et fiction : j’ai fait entrer son anecdote dans le chapitre 66, vers la
fin du roman. Plus ça va, plus je suis persuadé que c’est un roman que j’ai
écrit, c'est-à-dire quelque chose qui a de la prise avec le réel, comme
l’expression du béton qui prend quand il durcit. Mon roman prend. J’ai écrit encore une fois un roman sur mon
boulot, singularité qui fait souvent se confronter écriture et réalité. Par
exemple, dans cette même rubrique, le 27 janvier dernier, j’avais mesuré cette
distance entre réalité et écriture : exactement deux mètres pour séparer le
livre en train de se faire et ce collègue bien réel, resté sur le seuil de mon
bureau, un écart de deux mètres donc entre lui et ma chaise, m’annonçant sa
future retraite alors que c’était justement le sujet d’un chapitre que je venais
d’écrire. Philéas Fogg fait des émules, ce n’est pas
nouveau, mais il y a plusieurs manières de voyager. Écrire un livre en est une
et quand on rédige un premier jet en exactement quatre-vingts jour entre
l’incipit et la dernière phrase, il y a de quoi se sentir l’âme d’un Jules
Verne. Pas de quoi pavoiser cependant, Simenon, paraît-il, écrivait beaucoup
plus vite encore et René Fallet, l’exemple entre tous, rédigea Paris au mois
d’août entre mars et avril 1964 et ce n’est pas là son moindre livre, ni de
la littérature au rabais. Mais revenons aux chiffres et aux symboles :
quatre-vingts jours du 22 novembre 2009 au 09 février 2010. Le nouvel an tranche
en deux parts égales cette lancée d’écriture. Le livre, en format classique,
devrait approcher les deux cent cinquante pages, ce qui fait en moyenne trois
pages par jour. En réalité, c’est un rythme hebdomadaire de vingt pages que je
m’étais imposé, généralement réparti sur trois jours d’écriture avec le dimanche
en point d’orgue quand je m’apercevais que j’avais pris pas mal de retard. Ça
fait un peu fonctionnaire de l’écriture, toute cette rigueur mais je m’étais
avancé en paroles avec ma maison d’édition, au point d’avoir reçu un contrat en
bonne et due forme pour ce qui n’était encore commencé que d’un tiers (voire
note du 06/01/2010 dans cette même rubrique). Promesse tenue, donc : c’est
terminé. Toutefois, je ne suis pas un fanatique de l’écriture rapide même si je
préfère la vitesse à la patiente élaboration. CV roman, par exemple, fort
de vingt-deux versions aura été composé en deux ans. La plupart des romans
similaires en nombres de pages ont été rédigé en six à huit mois. La note
d’écriture du 23/01/2009 répertorie de façon précise ces périodes de créativité.
En réalité, écrire vite présente l’avantage de la cohérence temporelle : on est
dans un état d’esprit qui ne se relâche pas et l’ensemble peut paraître plus
lié. En revanche, l’angoisse d’être passé à coté du sujet est plus grande car on
manque de recul et de réflexion. Ce qui s’écrit dans l’urgence des sentiments
est forcément plus fort, plus casse-gueule aussi. Donc, l’attente suit ce
premier jet que je me suis empressé d’envoyer à l’éditeur. Rendez-vous est déjà
pris pour la semaine prochaine mais d’ici là, la peur, l’appréhension,
l’inquiétude d’avoir fourni un machin bancal ne va pas cesser de me tarauder. Ce
trac, similaire à celui du musicien qui va entrer sur scène, est forcément
bénéfique. A se demander si finalement on n’écrit pas en partie pour cette
sensation.
Dans Word, le mode « lecture » dispose ce que
vous écrivez sur deux pages côte à côte. Cette option d’affichage du texte
présente l’intérêt d’une lecture aisée, plus proche d’une page de livre ou, par
exemple, d’e-book. Les lignes sont plus courtes, les caractères paraissent plus
épais et la gymnastique visuelle ressemble à la pagination d’un livre ouvert.
Depuis le temps que je me sers de ce logiciel de traitement de texte, je n’avais
jamais utilisé cette possibilité d’affichage qui présente pourtant beaucoup
d’intérêt. Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi je suis tombé sur cette
potentialité, sans doute par hasard et il y a très peu de temps. C’était pour le
manuscrit encore en cours et commencé il y a un peu plus de deux mois. Et c’est
sans doute parce que ce travail était encore en cours que je suis venu
rapidement à ne considérer que cet unique mode d’affichage, à la fois pour
relire ce que j’écrivais mais aussi pour le corriger, le compléter. Et cette
découverte méthodologique me ravit. En effet, la lecture sur deux pages me
permet de me glisser plus facilement dans la peau du lecteur, en quelque sorte
de prendre un peu de hauteur par rapport à mon travail de scribe, de sortir le
nez du guidon.
Vieux débats multiples sur l’écriture et la
réalité : ça existe depuis la nuit des temps, mettons depuis l’Iliade et
l’Odyssée, l’épopée antique comme soubassement du roman et déjà se posait la
question de l’écart entre la représentation de la réalité et l’écriture, la
narration destinée à passer à travers le miroir du temps. J’y ajoute cette
semaine un autre exemple, une maigre illustration. Ce week-end, le nez dans le
guidon du roman à écrire, j’ai tenté de ne pas perdre le rythme rapide qui a
présidé jusqu’ici à sa rédaction, soit vingt pages par semaine. Et donc, ce
dimanche, alors que je suis en retard, voici un nouveau chapitre auquel je
m’attelle : ça avance plutôt vite, j’écris sept pages d’un coup, heures qui
passent vite dans le silence du bureau, en fin d’après-midi, et la satisfaction
grandissante de cette facilité, de pouvoir rattraper le retard alors que les
occupations de la semaine (voir les maçons en rubrique étonnement) avaient
dévoyé l’inspiration ailleurs et, à chaque fois, c’est tout un poème pour
retrouver la liturgie nécessaire pour s’y remettre. Le roman en question parle
du boulot, je sais, c’est mon obsession, ma marque de fabrique, appelons cela
comme on veut, disons qu’il est sans doute plus proche de Central écrit
dix ans auparavant que tous les autres qui ont suivi. Le chapitre en question
traite de la retraite (drôle que cette redondance laitière des syllabes) : ça
s’écrit vite parce que je dois avoir des comptes à régler et sans doute pas mal
avec moi-même à ce sujet malgré cette perspective lointaine. La nuit dans
l’insomnie récurrente qui suit toute précipitation d’écriture, je repense à tout
cela, bâtit même ce qui pourrait être la dernière phrase du roman (et j’allume
la lumière pour noter la phrase sur un exemplaire de la Quinzaine littéraire
avec Pierre Michon en couverture, ça portera chance peut-être). Le matin, je
ne peux m’empêcher au bureau d’ouvrir à nouveau le fichier du roman pour noter
les quelques trouvailles de la nuit, quelques minutes arrachées à l’entreprise
où j’ai rapidement relu l’écriture de la veille et c’est à ce moment là qu’il
entre. Venu, non pas me voir, mais ma collègue avec qui je partage le bureau.
Elle est absente. Il balaie l’air de la main : pas important, c’était juste pour
régler quelques affaires encore en instance avant son départ à la retraite prévu
le soir même. Alors, c’est là précisément que se mesure l’écart entre la réalité
et l’écriture, à peu près deux mètres entre lui, resté sur le seuil de la porte,
futur retraité qu’on dirait tout droit sorti du chapitre que j’étais en train de
relire sur le micro devant moi. Deux mètres et une minute, à peine le temps
qu’il glisse quelques mots. Je le connais depuis longtemps, c’est un discret,
pas très causant. Il dit juste que « soixante ans, ça commence à faire ». Il dit
encore «qu’il faut savoir lever le pied ». Il ajoute quelques allusions
discrètes et de circonstances sur sa future vie qu’il saura bien occuper. Il a
l’air soulagé, en paix avec lui-même : le grand jour est arrivé. On se sent lui
sourire, lui souhaiter de cette manière bon courage pour la suite. La porte se
referme : deux mètres entre la réalité et l’écriture. J’intègre immédiatement
les remarques qu’il a faites dans le chapitre écrit la veille.
Les deux pièces sont côte à côte. Si vous prenez
la porte de droite, vous pénétrez dans mon bureau : j’y suis justement, ça tombe
bien, assis face à l’ordinateur en train de taper ces quelques phrases. Si vous
choisissez, celle de gauche, vous voilà dans la salle de musique : elle joue en
ce moment même une sonate mélancolique sur son violon. Faites vous invisible :
elle est farouche et n’aime pas être écoutée, je suis sauvage et n’aime pas être
dérangé. Entre nous, les sons traversent la mince cloison et les deux portes. Me
parvient le chant clair des notes aigues, une trille alerte de rossignol puis
quelques double cordes basses et sonores, un son de sous bois avant que le
soleil d’un mouvement allegro à nouveau réapparaisse. Entend-elle le cliquetis
de mon clavier entre deux silences ? la paix sur mon cœur ? Deux passions,
musique pour elle, écriture pour moi, deux cœurs à l’unisson, un seul amour,
merci de refermer la porte en sortant.
En avant première, voici quelques extraits d’une
interview réalisée par mail pour le compte d’une revue italienne
www.attimpuri.it. L'auteur des question se
nomme Claudio Panella. Nous avons en commun une réflexion sur la littérature de
travail. Claudio travaille plus précisément sur une comparaison entre nos deux
pays et il y a déjà beaucoup de points communs. Bien sûr, quand cette
interview sera traduite dans la langue de Dante Alighieri, j’en parlerai de
nouveau… Une bonne nouvelle histoire de bien commencer
l'année. En réalité, cette affaire a été rondement menée dans le dernier mois.
Mais d'abord, replongeons nous dans le contexte de l'année précédente. La
parution de Bestiaire domestique en mars avait été rapide : manuscrit
terminé le 26 novembre 2008 et les premières épreuves qui suivent 42 jours après
! Voici ce que je constatais il y a un an (note d'écriture du 09/01/2009).Si
j'avais pu mesurer l'enthousiasme et la réactivité de ma maison d'édition,
j'avais quelque appréhensions pour cette année, notamment suite au départ du
PDG, sommité éditoriale s'il en fût, on pouvait craindre quelques
restructurations préoccupantes pour des auteurs qui, comme moi, qui ne pèsent
pas lourds dans la balance économique des comptes de résultats. D'autant plus
que le catalogue des parutions s'est restreint, ce qui en soi me semblait assez
logique, voire bénéfique, après des années d'éditions à tout va et de
surpopulation éditoriale. Lors d'un coup de téléphone amical de ma docte maison,
j'avais cependant cru comprendre que j'y étais toujours attendu et cette
nouvelle m'avait quelque peu rassuré et donné du coeur à l'ouvrage. Encore
faut-il écrire et l'inspiration est une chose curieuse qui ne se commande pas.
Pendant des mois j'avais commencé des bouts de textes, juxtaposé des thèmes qui
me semblaient faire unité, mais tout cela restait à la fois fragile tandis que
je sentais confusément quelque chose poindre à travers ces grands élans vite
terminés. Et puis, la proximité éditoriale de Bestiaire domestique ne
m'aidait pas outre mesure : j'avais l'impression que je devais refaire le même
coup, petites histoires sereines et reflet du bonheur, qui n'étaient après tout
que ce que je continuais à ressentir, tel un auteur de haïkus japonais inspiré
par son harmonie intérieure. Mais la vie réserve des surprises et c'est vers un
autre texte que je me suis dirigé à la suite d'un concours de circonstances. Je
devais en effet proposer un inédit pour la revue d'un ami italien (pour une fois
que j'allais être traduit !) et en fouillant dans les nombreux fragments, j'en
avais trouvé un, justement intitulé "fragment", et qui s'est révélé être le
point de départ fulgurant d'une histoire évidente, sans doute celle que je
cherchais confusément depuis des semaines. Et voilà :quatre-vingts pages en
quinze jours avais-je écrit dans ma dernière note d'écriture de l'année
(17/12/2009), en fait, publiée le même jour où je devais rencontrer ma maison
d'édition. La suite a dépassé mes espérances : même enthousiasme et même
réactivité que pour Bestiaire domestique. J'ai reçu la semaine suivante
en cadeau de Noël un contrat en bonne et due forme. Parution du roman prévu à la
rentrée littéraire de septembre. Seul inconvénient, mais de taille : il n'est
rédigé qu'à moitié à l'heure où j'écris ces lignes et il me faudra le remettre
avant le printemps si je veux respecter les délais nécessaires. Mais ça avance
très vite et cela faisait longtemps que je n'avais pas retrouvé de telles
sensations inhérentes à la rapidité d'écriture : on y pense tout le temps, le
livre ne vous sort jamais de la tête, on se réveille au milieu de la nuit et on
a qu'uine hâte, retrouver sa table de travail. Tout le reste est tributaire de
cet acharnement, tout est polarisé par cela : où ai-je garé la voiture ? |