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Notes de lecture
Le nom des rois, de Charif Majdalani,
Stock.
Cest un ami libanais qui ma offert ce livre, et il a eu une
excellente idée !
Charif Majdalani est journaliste et professeur à luniversité de Beyrouth. Il est
lauteur dune douzaine douvrages, dont plusieurs romans récompensés par
les prix littéraires. Son dernier ouvrage, Le nom des rois, paru en août dernier,
raconte les années terribles de la décennie 70 qui ont emmené le pays dans une guerre
fratricide. A cette époque, le narrateur (probablement très inspiré de lenfance
de lauteur) est un jeune adolescent cultivé qui trouve refuge dans la lecture de
récits historiques. Il se passionne pour les noms des rois exotiques, noms quil
recopie dans un carnet et dont les destins le font rêver. Mais cette rêverie est souvent
interrompue par les obligations familiales, les dîners damis quorganise ses
parents, commerçants aisés de Beyrouth. Mais ce sont également les troubles
annonciateurs de la guerre civile qui empêchent ladolescent de se consacrer à sa
passion. Bientôt, il ne lui est plus possible déviter les évènements et le
passage à une réalité violente le font murir rapidement. Que restera-t-il de cette
enfance précipitée, des premières amoureuses qui disparaissent dans les remous de
lhistoire, tout le récit tourne autour de ce monde désormais disparu dont il ne
subsiste que des nostalgies de jeunesse.
Magistralement écrit, ce roman entre (malheureusement) en résonnance avec les millions
dautres enfances pareillement tronquées, abîmées aux quatre coins de la planète.
(16/01/2025)
Comme une oie dans un édredon, dArmand
Gautron, éditions AG.
Sorti en 2014, Armand avait lui-même réédité cette version poche en 2022. On y
retrouve le détective Antoine Landrini, cette fois dans les parages du festival de la
photo animalière de Montier-en-Der, déjà maintes fois relaté sur FdR. Il faut
dire quArmand Gautron était un fidèle de la librairie du festival et ses aficionados
passaient toujours le voir dans ce rendez-vous annuel.
Alors que le festival sapprête à ouvrir ses portes, Antoine Landrini est
confronté à la disparition de deux photographes, dont Pascal Bourguignon (qui est
fondateur de cette manifestation avec Vincent Munier). Jimagine que le photographe
sest régalé à la lecture de son enlèvement fictif. Il a dailleurs
illustré lédition de poche par un très beau cliché.
Donc, deux photographes ont disparu et, bien entendu, je ne dévoilerai pas
lintrigue. Juste dire que le personnage dAntoine Landrini est toujours aussi
attachant, colérique et nostalgique, entouré damis singuliers : en fait, ce
héros particulier ressemble vraiment à Armand !
Au passage, lauteur nous assène quelques vérités sur le business de la photo
animalière, insoucieuse de la dépense carbone et qui met en péril certaines espèces
pour le graal dun cliché réussi. Cette vision est de plus en plus partagée par
les grands noms du domaine, comme Vincent Munier qui a recentré son activité autour de
ses Vosges natales.
Bref, les aventures dAntoine Landrini sont non seulement distrayantes mais donnent
à réfléchir.
(09/01/2026)
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