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Notes de lecture

 

Le Vent Paraclet, de Michel Tournier, Pléiade.
Jacques Poirier, mon directeur de thèse, s'est occupé de la récente parution en Pléiade des œuvres de Michel Tournier. On lui doit notamment la reprise de cet essai publié en 1977, agrémenté d'une très belle notice dans la prestigieuse collection. A l'époque, Michel Tournier a alors 53 ans, il est à mi-chemin de son parcours d'écrivain, et, s'il a publié que 4 romans, tous ont eu un grand retentissement, comme Le Roi des Aulnes, prix Goncourt en 1970. Cet essai est ainsi destiné à évoquer son parcours d'écriture. Michel Tournier est en effet considéré comme un écrivain assez classique, dans la lignée de Genevoix, il se situe depuis longtemps à contre-courant du Nouveau Roman, des surréalistes, voire de l'existentialisme, théories encore très en vogue au moment où il publie son essai. Celui-ci fait la part belle à la philosophie qui est à la base de la formation de l'écrivain. Disciple de Bachelard, surpris par Sartre, admiratif de Deleuze, ces compagnonnages sont évoqués, dans des chapitres, dont certains sont entièrement consacrés à la génèse et à l'explication de ses premiers romans. Il y a parfois un exercice d'auto-hagiographie un peu énervant, sans toutefois revendiquer le génie comme Duras le faisait pour elle-même à la même époque. Justement, en cette fin de décennie qui va bientôt voir arriver la suivante avec la gauche au pouvoir, on remarque les affinités socialistes entre Duras, Tournier et Mitterrand qui viendra plusieurs fois le visiter. Ce qui me gêne le plus, mais c'est lié à ma formation autodidacte au départ, c'est l'exercice d'admiration sans aucune remise en cause de grands maîtres anciens, surtout des philosophes, comme si eux-seuls étaient dépositaires d'une vérité universelle. Le peuple, lorsque Michel Tournier en parle, me semble ainsi toujours un peu méprisé en regard de ces grands hommes.
(15/01/2018)