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depuis septembre 2000
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Notes d'écriture
Lannée 2025 a été dense côté rencontres, ateliers et
animations diverses : 31 interventions recensées dans lagenda, plusieurs
chaque mois, sauf en août. Mais ce nest pas la parution de Père patrie chez
Fayard pour la rentrée de septembre qui aura monopolisé les programmations. Ma vie
littéraire se situe désormais ailleurs.
Je termine ainsi lannée avec trois rendez-vous en décembre, une rencontre avec
Ismaël Keita dans un supermarché Leclerc, la restitution du Festival de lécrit
pour le département de la Meuse et ma participation dans un lycée troyen pour une
« nuit de lécriture ». Interventions provinciales donc, au plus près
des gens, pas forcément avec de grands lecteurs, ce qui nexclut pas la richesse de
ses rencontres.
Les clients du supermarché qui déambulent dans la préparation des fêtes ce samedi 6
décembre sont ainsi surpris de remarquer au rayon livres deux auteurs, Ismaël Keita et
moi, annoncés à grand renfort daffiches. Le supermarché à bien fait les choses
et Ismaël, qui rencontre un phénoménal succès local (voir en Notes décriture du
21/11/2025), a déjà quasiment épuisé sa réserve de livres avant même ce rendez-vous.
Pour ma part, je propose Père patrie (qui sera la deuxième présentation dans ma
ville avec celle de septembre à la librairie Larcelet). Même si les clients ont en tête
lachat des chocolats de Noël, il est bon toutefois que la littérature soit
présente et les quelques livres que jai dédicacés et déposés au fond des
caddies ont rempli leur office.
Dix jours plus tard, cest dans la Meuse, à Verdun, que se déroule la cinquième et
dernière séance de la restitution du Festival de lécrit, une par département qui
participe à cette grandiose entreprise. Comme pour les autres rencontres, le public est
venu nombreux et, avant la rencontre plénière et la remise des prix du festival
laprès-midi (avec la participation désormais actée de Céline et Vincent Bardin
qui mettent en musique et en voix les lectures des textes lauréats), jai animé
deux mini-séances dateliers décriture le matin, avec une dizaine de
personnes à chaque fois. Cest toujours un grand moment dimprovisation (ce qui
n'est pas pour me déplaire : la littérature en ressort toujours grandie dans ces
contraintes) et cette dernière séance na pas échappé à la règle : une
petite salle métait réservée, avec onze chaises, pas une de plus, et aucune
table, excepté un bureau qui, je suppose, était pour moi. Heureusement, il y avait un
tableau. Limprovisation sest naturellement tournée vers la construction
collective dun poème de fin dannée. Pour cela, jai honteusement pillé
dans les incipits qui mavaient été proposés pour la Nuit de
lécriture.
Car celle-ci a eu lieu le lendemain soir à Troyes. Lobscurité tombant vite en
hiver, cest à partir de 18 heures que nous avons accueilli avec Marie, la
professeure de français, une dizaines délèves au CDI du lycée Chrestien de
Troyes. Javais participé, toujours avec Marie, deux ans auparavant à une
« nuit » similaire (note
dÉtonnements du 08/12/2023). Lorganisation et mon rôle étaient les
mêmes. Après une brève présentation du métier décrivain, jai aidé les
lycéens à construire le début dune petite nouvelle, dont la première phrase
était lincipit dun roman en lien avec la fin de lannée.
Nous avions ainsi quatre exemples : « Cétait un froid affreux ; il
neigeait et la nuit commençait à se faire. Le dernier soir de lannée, la veille
du jour de lAn. », Hans Christian Andersen La Petite Fille aux
allumettes ; « On était en pleine nuit. Il était environ deux heures du
matin. Il y avait dans la cour une seule petite fenêtre éclairée, et c'était celle de
la cuisine... », Victor Hugo Les Misérables (Partie 2, Livre 5,
Chapitre 1 : La petite Cosette) ; « Noël ne sera pas Noël sans
cadeaux, grogna Jo, les mains dans ses poches. », Louisa May Alcott Les
Quatre Filles du docteur March ; « Le Réveillon ! le Réveillon ! Ah ! mais
non, je ne réveillonnerai pas !», Maupassant Nuit de Noël.
Chaque élève a ainsi choisi la phrase qui linspirait le plus et nous avons ensuite
gravité dun participant à lautre pour aider à faire émerger les idées.
Belle expérience une fois de plus. Jai même offert lun de mes livres, Yougoslave,
à une lycéenne pour son grand-père, originaire de Croatie.
Ainsi se termine les rencontres 2025 avec comme point commun entre toutes, celui
davoir côtoyé des personnes de tous âges, de toutes conditions et de toutes
origines, bref une humanité belle, simple et réelle, avec des livres comme prétextes.
Encore faut-il comme préalable à ces rencontres que la littérature si intimidante pour
tous, consente à descendre du piédestal où nous lavons abusivement hissée.
(09/01/2026)
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